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MO1 est le nom d'un yaki-niku, restaurant de viande grillée. MO1, c'est The Yaki-Niku Of Japan. 
La première fois que j'y suis allé, c'était en revenant de Thaïlande, quand je suis venu au Japon il y a deux ans. On y était allé avec Djamel, Pacôme qui avait démissionné de son poste de cadre à Carrefour Kansai et travaillait dans ce restau pour manger gratuitement, et des copains à lui.Quand je suis revenu en septembre 2006, j'y suis retourné assez vite, et MO1 est devenu mon restau fétiche très rapidement.
C'est un tout petit boui-boui, qui accueille au maximum huit personnes. Monsieur et madame Motoyama y travaillent, aidés d'un étudiant. Lui est coréen, né au Japon, elle est japonaise. Les deux ont la soixantaine passée.
Aller manger dans ce restaurant, c'est la certitude de bien ripailler en passant un très bon moment. De fait, la viande y est excellente, et son foie cru à l'huile de césame et ail pilé un vrai poème. Koji Motoyama, le proprio à ses autres heures professeur de Karaté est un vrai boute en train, et sort des blagues dès qu'il le peut. Un brin visselard sur les bords, il aime parler de sexe sous l'oeil réprobateur, voire parfois exaspéré de sa femme. Un peu alcolo aussi, c'est difficile de voir ses yeux car ils semblent être toujours fermés. Quant à la clientèle, ce sont surtout des habitués, et c'est bien rare de ne pas parler avec son voisin ou sa voisine. Bien sûr, il ne faut pas s'attendre à une propreté irréprochable ; les murs sont recouverts de graisse, et les menus affichés sur le murs ont l'air d'y être depuis 50 ans au moins tant leurs couleurs sont passées. Pas de hote non plus au dessus de la tête pour aspirer les fumées de la cuisson. Mais chez MO1, on y va justement pour toutes ces raisons, qui font que MO1 est MO1.
Et là où normalement ça fait mal dans un yaki-niku, c'est à dire au moment de la douloureuse, chez MO1, il n'y a pas à s'inquiéter. Impossible de dire comment sont calulés les prix, mais une certitude, on ne paie pas le prix de ce que l'on a mangé et bu. S'il y a un principe, c'est de faire casquer les japonais, et faire un prix d'enfer aux étrangers, encore plus s'ils vous a à la bonne. Chaque fois que j'y vais, je mange et bois comme un chancre. Le plus cher que j'ai payé, c'est 2000 yens soit 10 euros, et le moins cher, ça a été 0 yen, ce qui est arrivé quelques fois.
Pour mon départ, Mr et Mme MO1 m'ont offert le bandana officiel du matsuri (fête religieuse) de Sakai, ainsi qu'un litre de la précieuse sauce maison à ramener au Pays. Des gens vraiment sympas, accueillants, et avec un coeur gros comme le Fujisan.

Quelques photos de différentes soirées passées avec la gente de la Banana House ou autres.

Et l'on finit par une détente

  • Sep. 8th, 2007 at 11:29 PM
 

Après cette matinée assez remuante, il convenait de passer une après midi un peu plus tranquille. D'abord un musée de peintures, puis c'est un dans un jardin japonais que nous sommes allés nous détendre.


Retour au Château, pour le visiter cette fois ci. Détruit par la bombe, il a été reconstruit en béton en 1958. Pas extraordinaire, le seul point d'intéret à la rigueur est la vue offerte depuis le haut du château.


Enfin, comme la spécialité culinaire d'Hiroshima nous avait bien plu l'avant veille, on a décidé de retourner en manger ce soir. Cette fois dans ce qui est apparemment le meilleur restau d'okonomiyakis de la ville, à Okonomimura. Un bâtiment qui ne compte pas moins de 28 restaurants qui servent tous la même chose, chacun avec son savoir faire qui peut faire toute la différence. Chacun d'eux est sur le même format : le clients mange sur le zinc, assis sur un tabouret. Ici, la politesse est nettement moins appuyée que partout ailleurs, et on peut même se permettre de refuser des clients qui ne voudraient qu'un okonomiyaki pour deux. Mais c'est la règle du jeu.


Voilà, nos quelques jours à Hiroshima sont passés. Demain, il nous faudra nous lever tôt pour rentrer sur Osaka par les mêmes trains locaux.
Avant d'en finir avec Hiroshima, je dois noter que les gens sont ici très différents. Nettement plus directs qu'ailleurs, toute proportion gardée tout de même... Ils n'ont pas peur de regarder dans les yeux, ce qui ne se fait absolument pas ailleurs car c'est impoli. Et enfin, ils hésitent beaucoup moins à venir converser, et parviennent à faire le premier pas, ce qui est enorme. 
Une petite anecdote sympa, qui est arrivée le premier jour, alors qu'on était aux abords du château. Un ojisan (homme de plus de 50ans) est venu nous voir pour qu'on puisse faire une photo avec Inaho devant le château. Sympa, il commence à me demander d'où je viens, ce que je fais au Japon, etc, etc. Puis, se tournant vers Inaho, il demande d'abord si on est marié. Puis vient cette question : «Echi ha, dou desuka?» Ce qui peut se traduire par «Au pieu, ça se passe comment?» J'ai cru avoir mal entendu la question, tant ça me paraissait impossible qu'un japonais, qu'a fortiori je connais depuis cinq minutes, me pose cette question. Inaho elle, carrément choquée de la question parce qu'elle est japonaise, mais n'en montrant rien parce qu'elle est japonaise aussi, a répondu quelque chose qui m'a confirmé que j'avais bien entendu la question. Et l'ojisan de se retourner vers moi à nouveau pour dire «Oui parce que les mecs qu'assurent pas, franchement, ça craint!»J'ai trouvé ça très surprenant, et Inaho en a finalement beaucoup ri.

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Hiroshima, rencontre avec l'Histoire

  • Sep. 7th, 2007 at 1:08 PM
 

Naturellement, si nous sommes venus à Hiroshima, ce n'est pas uniquement pour voir des coins paradisiaques. C'est aussi et avant tout pour découvrir cette ville et son Histoire, vue et racontée par les japonais.
Aujourd'hui, la forte chaleur a laissé place à un temps plus suzushii comme on dit ici, c'est à dire plus cool. Le ciel est couvert de nuages blancs gris. Une petite ondée nous arrosera même pendant que nous prendrons notre petit déjeuner acheté dans un combini.
Je précise ici que si Inaho n'avait pas visité Miyajima jusqu'à présent, elle n'avait pas plus mis les pieds à Hiroshima, par peur de visiter ces lieux historiques. C'est dire si le traumatisme est encore d'actualité chez les japonais, car le cas d'Inaho n'est pas rare loin de là.

Pour commencer, nous sommes allés voir le genbaku doumu ; le dôme de la bombe atomique. De ce palais des expositions industriel sont restés ces vestiges, car la bombe a explosé 600m pratiquement pile au dessus. C'est le seul bâtiment dont quelques murs soient restés debout, le reste n'a été que poussières. A noter que ces ruines du dôme ont été classées monument historique en 1995, et inscrites au Patrimoine mondial de l'Unesco en 1996.



A quelques pas de là se trouve le musée de la Paix. Bâtiment volontairement très froid de l'exterieur, sa visite se fait au tarif unique ridicule de 50 yens soit 30 cents d'euros. Elle consiste en un parcours autour de l'histoire du drame du 6 août 1945. On y apprend beaucoup de choses bien sûr. Mais ce qui est le plus touchant, ce sont les histoires personnelles et familliales, racontées avec comme support un morceau de vêtement brûlé, une chaussure calcinée, une montre qui s'est arrêtée à 8h15 pécise heure de l'explosion, une lunch-box métalique, etc, etc. Egalement quelques photos du moment peu après la bombe, ainsi que quelques scènes reconstitués avec des personnages, peau en lambeaux, collée aux vêtements. 


Je pense que la sensation lors de cette visite doit être à peu près la même que celle ressentie lorsqu'on visite un camp de concentration ou une expo sur l'extermination des juifs. Les tripes qui se nouent et une question : Pourquoi?
Pour en terminer avec ce moment noir de l'histoire, nous avons marché un peu dans le parc de la Paix.



L'île d'Itsukushima

  • Sep. 6th, 2007 at 8:29 PM
 

Aujourd'hui, il faisait beau comme tous les jours, même plus que d'habitude. Très chaud aussi. Comme la météo prévoyait de changer à partir de ce soir, nous sommes allés visiter Miyajima sur l'île d'Ikutsushima, au sud de Hiroshima. Cette île est sacrée, selon la religion shintoïste. Ainsi, l'on n'y trouve ni cimetière ni maternité car il n'y a le droit ni d'y naître, ni d'y mourir.
Programme allêchant ; un torii (porte sacrée) flottant, des temples, de la plage, de la montagne que l'on peut grimper à pied ou en téléphérique, que du bonheur en perspective. Au terminus de la ligne de métro rejoignant le sud de la ville, nous avons emprunté un petit bateau pour une traversée de quinze minutes environ. Déjà, l'on pouvait appercevoir le magnifique torii, l'un des trois sites les plus photographiés du Japon. Sa particularité outre sa beauté, est d'avoir les pieds au sec à marée basse, et dans l'eau à marée haute, étant érigé sur la plage.


Sortis du bateau, nous nous sommes dirigés vers ce lieu magique sur lequel nous sommes restés un petit moment, les pieds dans quelques dix cm d'eau très chaude quand nous étions au plus prêt.


Puis, nous sommes allés visiter le seul temple payant de la journée : le Temple d'Ikutsushima, juste derrière le Torii. Lui aussi à marée haute a les pieds dans l'eau. De même, il est inscrit sur le patrimoine de l'UNESCO de puis 1996.


Un point particulier de l'île commun avec Nara ; des biches vivent et se balladent parmi tout le monde, pour le plus grand bonheur des touristes, et les marchands de biscuits dont raffolent ces charmants annimaux. Egalement, des singes qui eux vivent dans la forêt de la montagne, comme on en rencontrera plus tard.
On s'est dirigé alors vers le Mont Misen (530m), ou plutôt vers le téléphérique qui permettra d'écourter l'ascension par cette chaleur terrible. Quelques clichés pris lors des derniers mètres de l'ascension faits à pieds. Paysages de rêves, jolis petits temples juchés sur la montagne. Ce sont les moments que je préfère au Japon. Ceux où l'on rencontre la culture, la nature et l'histoire en même temps. Et puis, partager ce moment avec ma chère et tendre qui venait ici pour la première fois aussi, quoi de mieux pour parfaire ce moment? 

Il était prévu de redescendre la montagne à pieds, mais c'est finalement en téléphérique que le retour se fera. Un bol de oudon froid avalé, et nous sommes partis visiter des temples où l'on pouvait se rendre par un très joli chemin jalonné de vieilles maisons typiques.


Ce matin, nous avions vu le temple Ikutsushima et le tori flottant les pieds au sec. Nous avions alors demandé au moine du temple les horaires de marée haute pour ne pas louper une si jolie chose. C'est donc peu avant 18heures que nous sommes revenus sur les lieux. Nous nous sommes assis tranquilement sur un petit bout de plage, avec un soleil qui tombait tranquilement par derrière les montagnes. Je veux bien effectivement croire que ce lieux soit l'un des plus photographié...


Puis, nous avons fait le même chemin à l'envers. Bateau, tramway où une femme nous a assuré que l'on formait un couple très sympa, ce qui fait plaisir dans un pays où ce genre de choses ne se font pas trop. A Nagarekawa, le quartier des restaurants d'Hiroshima, nous sommes allés manger dans un Izakaya de choix. Ils font plus que bien la cuisine à Hiroshima.